Retour aux nouvelles

Travail social 2020-03-17

Une étudiante en Travail social, en stage au Sénégal, témoigne de son expérience

Dans le cadre du programme de Travail social, cinq étudiantes et étudiants font un stage final crédité, à Dakar, au Sénégal du 7 janvier au 25 mars. Il s’agit de Sandrine Gagnon, Laureine Mbiya Muteba, Jasmine Chrétien, Guillaume Babin et Marie Christine Larouche.

Leur stage se déroule dans trois milieux différents et tout au long de leur séjour, les stagiaires vivent dans des familles d’accueil sénégalaises afin de vivre une immersion complète et de comprendre la réalité culturelle. Retrouvez ci-dessous le deuxième témoignage de Marie Christine Larouche. Voyez son premier récit de voyage ici.

« Salut Sénégal,

J’ai tellement de choses à te dire. Je ne sais pas par où commencer. Ça fait un petit moment que l’on se connait maintenant et mes premières impressions ont laissé place à une véritable rencontre. Un véritable tête-à-tête. Je dois me retenir Sénégal, car je sais que nous deux ce n’est qu’une aventure, que ça ne durera pas, mais j’avoue me sentir de plus en plus confortable à tes côtés. Même si le temps est un concept plutôt abstrait ici, le nombre de dodos qui nous séparera bientôt, lui, est bien réel.

Cela ne te ralentit pas et tu continues de faire reluire tous tes atouts. Je te comprends d’en être si fier. Tes plages, tes paysages, ton sourire et encore ton sourire ne cesseront jamais de me séduire.

Puisque notre relation atteint un autre stade, permets-moi de te faire une petite confidence. Ce que je trouve difficile parfois, c’est que tu as accès qu’à une toute petite partie de moi. Je garde en réserve un surplus « d’occidentalité » que tu ne pourrais tolérer. C’est la beauté et l’inconvénient de l’adaptation.

Sinon, j’ai rencontré un vieil ami à toi, le tailleur. Un homme de tout ce qui a de plus simple, mais qui, à lui seul, représente toute l’essence de l’Afrique. Un banc de bois, un homme, un désir d’échanger, un moment est créé.

Tu m’apprenais qu’ici les vieux, appellation tout à fait normale, sont perçus comme transmission de savoir, de sagesse. Il ne suffit que de prêter l’oreille afin d’y faire naître une anecdote.

Ce qui m’enivre le plus ici Sénégal, c’est la beauté de cette simplicité que tu me fais découvrir. Ces moments spontanés, ceux qui arrivent sur le vif. Ceux qui se créent d’eux-mêmes sans que nous les ayons anticipés et préfabriqués de toutes pièces, avant de les vivre. Ceux qui doivent parfois se battre pour exister dans mon monde animé par l’efficacité et la productivité.

Ces moments ne s’aperçoivent que rarement en photo, car ils ne s’inscrivent pas comme des événements qui se voient, mais plutôt comme des événements qui se ressentent.

C’est ce que tu m’apprends de plus significatif : être là. Ressentir tout simplement. « Ma gni fi reek » qu’ils disent ici. Enfin, que nous disons. Il y a quelques semaines que je prononce ces mots pour me conformer à l’usage des salutations, mais ce n’est que maintenant que j’en saisis la nature. Ce n’est que maintenant qu’ils m’habitent réellement. Je suis là.

Bientôt je retournerai au Canada, pays de l’ordre et du froid, et j’espère conserver cette petite « sénégalisation » qui me permet réellement d’exister dans le moment présent.

Gaspésie, je suis désolée, mais aujourd’hui, Sénégal… je t’aime ».

"sss";